Shopping Cart
Total:

$0.00

Items:

0

Your cart is empty
Keep Shopping

A69, ou comment humilier l’écologie en 53 kilomètres

Il fallait un symbole à la hauteur de notre incohérence nationale : l’A69 en fournit un parfait, presque trop parfait. Cinquante-trois kilomètres de bitume, découpés au couteau dans un territoire qui n’avait rien demandé, bâtis avec l’assurance tranquille de ceux qui osent prétendre préparer l’avenir en recyclant exactement les erreurs du passé. Ce projet, vendu comme une révolution territoriale, n’est qu’une gifle adressée à l’écologie, une humiliation méthodique infligée à tout ce que la France affirme défendre depuis vingt ans — sobriété, préservation des sols, modération foncière, lutte contre l’artificialisation. Et le plus remarquable, c’est la facilité avec laquelle le pouvoir politique a justifié l’injustifiable.

Car l’A69 n’a même pas la décence d’être un grand projet : c’est un petit gâchis assumé. Une autoroute anachronique dont la promesse tient dans une phrase pathétique : “gagner vingt minutes”. Vingt minutes arrachées à un monde qui brûle. Vingt minutes, ce horizon minuscule autour duquel on a déployé un dispositif administratif et policier comme si le destin du pays en dépendait. Ce gain dérisoire devient soudain un argument civilisationnel, un prétexte à bétonner encore, comme si la France avait besoin de cette autoroute autant qu’elle avait eu besoin du Minitel.

Et c’est peu dire que le chantier s’est chargé d’humilier l’écologie avec précision. Le tracé déborde, grignote, s’étale. Les hectares “strictement nécessaires” deviennent des hectares “finalement indispensables”. On transforme des terrains agricoles en zones de stockage improvisées, on dépose des remblais là où l’administration jurait qu’on ne toucherait jamais, on recouvre de gravats des parcelles qui ne figuraient même pas dans les études initiales. C’est l’art de l’expansion furtive : chaque débord dépasse ce qui était annoncé, mais toujours “pour des raisons techniques”. Résultat : une saignée foncière plus large que le projet lui-même. Un chantier qui avance comme une tache d’huile, toujours un peu plus loin que ce que les cartes officielles avaient l’audace d’admettre.

Le politique, lui, regarde ailleurs. Ou plutôt, il regarde en récitant les éléments de langage. Il explique doctement qu’il est “trop tard pour revenir en arrière”, comme si l’irréversibilité était une qualité, comme si reconnaître une erreur était devenu un tabou. Cette phrase, désormais classique, évite d’avoir à se confronter à la seule question qui vaille : pourquoi, à l’heure où l’État promet de ne plus artificialiser, construit-il une autoroute dont l’intérêt économique est douteux, dont l’impact écologique est massif, et dont le modèle financier enrichira surtout un concessionnaire privé ? La réponse est embarrassante : parce qu’il est toujours plus simple de laisser filer le bitume que d’affronter un lobby, un élu local ou une promesse vieille de vingt ans.

Et pourtant, une solution existait. Une proposition de loi avait été déposée pour instaurer un moratoire sur les nouvelles infrastructures routières et autoroutières. C’était clair, net, responsable : on arrête de bétonner par réflexe, on met en pause les projets obsolètes, on réévalue leur pertinence. Cette loi aurait pu stopper l’A69, comme d’autres absurdités héritées du siècle dernier. Les députés auraient pu la voter. Ils auraient pu dire : “nous avons entendu les scientifiques, les juristes, les citoyens”. Mais ils ne l’ont pas fait. Ils ont préféré un mélange de frilosité électorale, d’obéissance budgétaire, et d’inertie administrative. Résultat : l’autoroute avance, la loi dort, et l’écologie est priée d’applaudir depuis le fossé.

Le plus insultant, dans cette histoire, est que le gouvernement tente encore de travestir cette autoroute en projet “écologiquement responsable”. On parle de “compensations”, de “renaturations”, de “gestion optimisée des sols”. Autant d’euphémismes pour masquer un fait simple : on artificialise des terres, on détruit des habitats, on fragmente des écosystèmes — et ensuite on appelle ça de la transition écologique. Les mots ont été tellement lessivés qu’un chantier de destruction peut désormais s’autoproclamer vertueux, du moment qu’il plante trois arbres en bordure et qu’un communiqué de presse le mentionne.

L’A69 n’est donc pas seulement un mauvais projet. C’est un révélateur. Il montre comment un pays peut proclamer l’urgence climatique tout en faisant exactement l’inverse. Il prouve que les lois sur l’artificialisation ne sont que des slogans tant que l’État s’autorise lui-même à les contourner. Il expose, surtout, notre incapacité collective à renoncer à une idée périmée — celle selon laquelle construire une autoroute est toujours une bonne nouvelle.

Cinquante-trois kilomètres. C’est tout ce qu’il aura fallu pour ridiculiser vingt ans de discours, écraser des hectares non annoncés, ignorer une proposition de loi salutaire, offrir un cadeau à un concessionnaire, et humilier jusqu’au concept même d’écologie. Si la France cherchait à illustrer sa schizophrénie environnementale, l’A69 est son chef-d’œuvre involontaire : un monument de déni coulé dans l’asphalte. Et pour vingt minutes gagnées, elle en fera perdre des milliers — en crédibilité, en terres, en cohérence. Une autoroute n’a jamais été si courte, ni la honte si longue.

A Comprehensive Review of the Latest Smartphone: Features, Performance, and Value

The latest smartphone impresses with its sleek design, high-resolution camera, and long-lasting battery. With a fast processor and intuitive interface, it’s perfect for tech enthusiasts seeking top-notch performance and reliability.

    3.8 / 5

    • Design
        5/5 Amazing

        The smartphone boasts a sleek and modern design with a durable build that feels premium in hand.

      • Performance
          3/5 Good

          Equipped with a good processor, it handles multitasking smoothly and runs demanding apps effortlessly.

        • Battery Life
            4/5 Excellent

            The long-lasting battery supports fast charging, ensuring you stay powered throughout the day.

          • Camera Quality
              4/5 Excellent

              The high-resolution camera offers advanced features, producing sharp and vibrant photos in various lighting conditions.

            • User Interface
                4/5 Excellent

                The intuitive and user-friendly interface makes navigation simple and enhances the overall user experience.

              • Value for Money
                  3/5 Good

                  Offers competitive pricing considering the range of features and performance capabilities it provides.

                Pros
                • Excellent camera quality
                • Long battery life
                • User-friendly interface
                Cons
                • Slightly expensive
                • Limited color options
                • No headphone jack
                4527
                Show Comments (0) Hide Comments (0)
                0 0 votes
                Article Rating
                S’abonner
                Notification pour
                guest
                0 Commentaires
                Le plus ancien
                Le plus récent Le plus populaire
                Commentaires en ligne
                Afficher tous les commentaires
                Recent Posts: